Voici un extrait du livre de Lance Armstrong "Il n'y a pa que le vélo dans la vie"
« A l'âge de vingt-cinq ans, j'ai eu un cancer des testicules et j'ai failli mourir... Vous avez sûrement envie de savoir comment Lance Armstrong est devenu un Américain célèbre, un exemple pour le monde entier, comment il a vaincu son cancer et gagné le Tour de France, une course de 3 686 kilomètres considérée comme l'événement sportif le plus exténuant de la planète... Mais le Tour, dans tout ça, c'est la petite histoire »...
Et, en effet, le témoignage du champion cycliste n'a rien de romanesque. De la même façon qu'il dénie le terme journalistique d'« envolée » vers les sommets ou la victoire pour ne retenir que la pénibilité des tours de roue donnés l'un après l'autre, des heures durant, dans la douleur, il n'attribue sa victoire contre la maladie qu'à un « phénoménal coup de chance ». Et s'il avoue n'avoir pas encore tout compris de ce qui lui est arrivé - pourquoi il est tombé malade et pourquoi il a survécu -, il sait qu'il est sorti de l'épreuve différent et plus riche humainement.
Tout a commencé en octobre 1996. Il comptait alors parmi les plus grands cyclistes mondiaux, était l'heureux propriétaire d'une maison de rêve au bord d'un lac, d'une Porsche et d'une fortune qu'il ne devait qu'à lui-même, et sortait avec une très jolie fille. Parce que « le cyclisme est un sport de maso », il a négligé les premiers symptômes du mal et a tout mis sur le compte de l'épuisement. Jusqu'au moment où il s'est écroulé et que le diagnostic et tombé : cancer des testicules avec des métastases importantes au poumon. Chimiothérapie, opérations se succèdent. Ses sponsors le lâchent, sa carrière semble ruinée, sa vie aussi : on ne lui donne que peu de chances de survie.
Sorti de l'hôpital, très affaibli, Lance Armstrong tente de reprendre l'entraînement. C'est catastrophique. Seul, car personne, dans le monde sportif, ne lui accorde plus la moindre chance, il s'acharne. Sa mère, quelques amis, une infirmière nommée LaTrice Haney à laquelle il rend hommage, et bientôt celle qui deviendra sa femme, Kristin Richard, sont à ses côtés lorsqu'il organise la première Course des roses, afin de récolter des fonds pour la fondation caritative qu'il a créée.
Sa convalescence, qui pouvait n'être que rémission, ne va pas sans incidents, et il doute de pouvoir revenir au top niveau. Il décide même à un moment d'abandonner le cyclisme. Et puis, petit à petit, à force de volonté et d'espoir, il revient au plus haut niveau de la compétition et gagne le Tour de France 1999.
« Aussi bizarre que ça puisse paraître, je préfère le titre de vainqueur du cancer à celui de vainqueur du Tour, à cause de tout ce que cette expérience m'a apporté en tant qu'être humain, en tant qu'homme, mari, fils et père », conclut-il dans ce témoignage d'une rigueur tout à fait admirable.
Une magnifique leçon de vie
Mis en ligne par Dr V Flurin - Source AFP, 13 juillet 1999
Les soupçons de dopage sont semble-t-il injustifiés, mais quelle magnifique leçon de vie! Selon John Wilcockson de Velo News le cancer des testicules a révélé au Texan Lance Armstrong, l'intouchable maillot jaune du Tour, sa deuxième carrière de champion cycliste.
Témoignange de John Wilcockson, rédacteur en chef du magazine américain Velo News, à son 30e Tour de France:
"je le connais depuis 10 ans, alors qu'il était dans l'équipe nationale amateurs. Après, il est devenu le plus jeune champion du monde sur route professionnel en 1993, à 21 ans et demi. A l'époque, il ne s'intéressait pas à la diététique, buvait et mangeait n'importe quoi. Il avait 10 kilos de plus et était persuadé qu'il ne pourrait jamais briller en haute montagne".
"Les doutes seraient permis si Armstrong s'était révélé seulement après sa maladie. Or, ce n'est pas le cas, il avait quand même gagné la Flèche wallonne et terminé deuxième de Liège-Bastogne-Liège quelques mois avant l'interruption de sa carrière. Il avait prouvé aussi qu'il grimpait en remportant deux éditions le Tour DuPont. Avec le recul, il est d'ailleurs persuadé que le cancer le minait depuis plus longtemps".
La diète lui fut donc imposée pour des raisons médicales. "Chris Carmichael, son coach dans l'équipe américaine aux Jeux de 1992, l'a pris en charge, lui a appris à connaître son corps".
"Son physique s'est affiné. Mais il est aussi plus fort mentalement. Il a battu le cancer et, pour lui, tout est plus facile. Il me dit souvent: "je voulais montrer qu'un type qui a eu le cancer peut revenir au sommet". C'est un homme différent. Il s'est marié. Il a été absent un an et demi, de la fin de la saison 96 au début de celle de 1998. Il a recommencé à la Ruta del Sol, puis a abandonné dans Paris-Nice. Il avait voulu revenir trop vite et c'est la seule période au cours de laquelle je l'ai entendu parler de tout arrêter. Il a fini en septembre à la quatrième place du Tour d'Espagne, alors qu'il avait couru uniquement pour préparer les Championnats du monde".
Il a aussi puisé sa force dans les déboires de son enfance. Sa mère a été abandonné tôt par son père, qu'il n'a plus revu. Sa mère Linda, qui s'est remariée, est restée proche de lui.
Il est plus sain et s'entraîne plus scientifiquement. Avec ses équipiers, il a reconnu les étapes des Pyrénées en mars et celles des Alpes en mai. Il avait couvert trois fois le circuit de Metz (contre-la-montre) en avril. Et puis, c'est un coureur frais. A Sestrière, il a gagné en restant le plus longtemps dans les roues".
"Ma première priorité est de vivre"
Mis en ligne le 18 juillet 1999 par Dr V. Flurin - Source: The Testicular Cancer Resource Center
Une grande association américaine de documentation online sur le cancer (@COR = Association of Cancer Online Resources) héberge le Testicular Cancer Resource Center (TCRC). Chris Brewer a reccueilli pour la TCRC, les impressions de Lance Armstrong le 7 février 1997 dans sa maison d'Austin au Texas. Il venait tout juste de finir son traitement chirurgical et sa chimiothérapie. Après le déjeuner, ils ont discuté de son cancer du testicule (TC), de son traitement, et de la fondation qu'il venait de créer "La course aux Roses" ("The Race for the Roses").
Il indique dans cette interiew (dont nous rapportons le texte intrégralement en anglais ci-dessous), avoir consulté son médecin pour une douleur d'un testicule, qui avait été précédée d'un crachat sanglant. Une échographie du testicule avait mis en évidence une tumeur cancéreuse. Des examens complémentaires avaient découvert des métastases au niveau abdominal, cérébral et surtout pulmonaire. Le lendemain de la découverte échographique du cancer, Lance Armstrong avait subi l'ablation chirurgicale du testicule atteint à l'hôpital Saint-David à Austin (Texas). Le 7 octobre 1996, le coureur avait démarré une cure de chimiothérapie prévue dans un premier en quatre cycles sur douze semaines. Avant le quatrième cycle de chimiothérapie, Lance Armstrong avait subi une intervention neurochirugicale de manière à retirer ses métastases cérébrales. Une chimiothérapie complémentaire avec un protocole différent avait été ensuite décidée à l'université d'Indiana. L'examen anatomo-pathologie du testicule retiré a permis de déterminer le type de cancer : selon Armstrong, il s'agissait d'une association de plusieurs tissus malins : choriocarcinome à 60 %, carcinome embryonnaire à 40 %, avec quelques cellules de type tératome (moins de 1 %).
D'après les indications données par Lance Armstrong, nous sommes donc en présence d'un cancer de stade III, le stade évolutif le plus élevé. Le choriocarcinome est une forme de pronostic réservé, le traitement permet cependant une guérison (toute forme confondue) dans 80 % des cas. Fait curieux, ce cancer entraine une hypersécrétion d'hormone gonadotrophine chorionique (bêta-hCG). Le dosage de cette hormone est donc un excellent moyen de dépister un cancer du testicule de ce type. Or, la bêta-hCG fait partie des substances systématiquement recherchées chez les sportifs lors des contrôles antidopages : la prise de cette hormone augmente la production de testostérone, ce qui a des effets comparables à la prise d'anabolisants. En bonne logique, le cancer de Lance Armtstrong aurait donc dû être découvert à un stade beaucoup plus précoce par les contrôles anti-dopages.
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